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Historique

Les temps anciens

Anciennement, avant l'arrivée de l'homme blanc, les clans familiaux vivaient très dispersés. Chaque clan avait son Uwishin de confiance mais comme l'humanité est ainsi faite, il y en avait des bons et des mauvais. Certains Uwishin avaient une influence négative sur leur environnement. Par leur façon d'agir, ils pouvaient entraîner leur clan dans des conflits graves avec les clans voisins, allant jusqu'à provoquer des guerres mortelles. Les Uwishin étaient très respectés par la population et même craint. Et bien entendu les Uwishin se méfiaient les uns des autres.

 

L'arrivée de l'homme blanc

Les premiers Européens qui arrivèrent dans les territoires Shuar, furent incapable de comprendre la pratique médicale des Uwishin. Elle fut considérée comme empirique et empreinte de superstitions. On allait jusqu'à prétendre que c'était du satanisme et que l'Uwishin était un sorcier.

Le pouvoir blanc a peu à peu imposé ses lois, sa religion et sa médecine. La pratique de la médecine traditionnelle Shuar est devenue une pratique légalement prohibée. Malgré cela elle a toujours continué à se pratiquer ici et là par des Uwishin qui se transmettaient de l'un à l'autre leurs connaissances. Cette intolérance des autorités n'a bien sur fait qu'amplifier la méfiance existante.

 

L'époque moderne

Dans les années 90, grâce à la lutte acharnée menée par les organisations indigènes, les droits collectifs des peuples autochtones ont été reconnus officiellement par le gouvernement d'Équateur. Ces droits furent également confirmés par des déclarations importantes, des accords et des traités internationaux..

Ainsi en 1992, les articles 44 et 48 de la Constitution en vigueur en Équateur permirent, au Ministère de la Santé Publique de créer la Direction Nationale de Santé des Peuples Indigènes (DNSPI) afin de normaliser et garantir la connaissance et les pratiques des médecines traditionnelles indigènes et contribuer à ériger un système de santé interculturel en Équateur

Dans le même temps, le programme de santé de la Fédération Interprovinciale de Centres Shuar (FICSH), a décidé de créer un département de Médecine Traditionnelle (DMT)

Durant cette période, la DNSPI a effectué un recensement auprès de 60% des communautés Shuar de la province de Morona-Santiago. 150 Uwishin reconnus par la population ont été ainsi dénombrés. En extrapolant ce chiffre à l'ensemble de la population Shuar répartie dans six provinces d'Équateur, les enquêteurs on conclut à l'existence de 500 Uwishin toujours en activité

Malheureusement, cette reconnaissance de la médecine traditionnelle, au niveau des instances gouvernementales, a engendré la prolifération de nouveaux Uwishin. Une grande partie de ces individus, désirant plus que tout faire de l'argent ou acquérir du pouvoir, ont commencé à pratiquer la profession sans avoir été soumis à la longue et sévère préparation que la fonction exige. Dans la population, des maladies étranges, inconnues, ont commencé à apparaître dues à cette perversion de la profession d'Uwishin.

 

La naissance du CUWISH

L'urgence de créer une association d'Uwishin dans le but d'harmoniser la pratique de la profession se fait alors sentir. C'est ce sentiment fort qui pousse Ricardo Tsakimp , Uwishin à Sucua à réunir ceux qui comme lui souhaitent faire entrer leur pratique médicale dans le monde moderne.

A la même période, le DMT propose également d'effectuer une première rencontre avec un petit groupe d'Uwishin choisis afin de rassembler les idées et les propositions sur la pratique de la médecine traditionnelle et les difficultés rencontrées.

De ces différentes réunions, se dégagent différents principes de base.

  • La nécessité pour les Uwishin d'obtenir une reconnaissance officielle des organismes étatiques, pour pouvoir exercer leur travail avec tranquillité et sans attaque.
  • La réglementation de la pratique des Uwishin pour s'assurer de la qualité des soins et empêcher l'exploitation financière des patients.
  • La protection de médecine traditionnelle.
  • L'organisation d'échange entre les Uwishin enfin d'augmenter leur connaissance et de trouver de nouveau développement à la médecine traditionnelle Shuar
  • Favoriser l'ouverture d'esprit et le respect entre les Uwishin pour réduire les problèmes et les conflits qui les opposent.

Mais malgré les bonnes volontés, former une association d'Uwishin ne va pas se faire sans quelques difficultés et heurts. La méfiance ancestrale est toujours présente. On craint que de nouveaux conflits surgissent de ce processus d'unification ; certains y voient même un piège. Un problème d'ordre géographique se pose aussi, dû au fait que le peuple Shuar est réparti dans une jungle qui s'étend à travers six provinces d'Équateur. Il est très difficile de joindre les Uwishin et de les réunir. Les autorités manifestent aussi au début une certaine réticence. Elle voit d'un drôle d'oeil cette association nouvelle et totalement inédite, dédiée à la médecine, qui se forme en dehors des structures établies même si la loi les y autorise.

Malgré cela, dés 2002 même il n'a pas encore d'existence juridique, le conseil des Uwishin agit. En son nom des missions spéciales sont envoyées dans des communautés isolées pour régler des problèmes de santé et de bouleversements sociaux spécifiques aux pratiques d'Uwishin négatifs. Le président Ricardo Tsakimp est délégué à l'étranger (France, Suisse, Canada) comme porte-parole de ses collègues pour faire connaître la culture traditionnelle Shuar.

Mais plus le temps passe, plus la nécessité d'une reconnaissance juridique du conseil des Uwishin se fait sentir afin de d'augmenter son pouvoir d'action.

 

Officialisation du Cuwish

Au début 2005 à Sucua, une assemblée générale réunissant 12 Uwishin, accepte la formation juridique d'une association qui portera le nom de « Consejo de Uwishin Shuar (CUWISH) ». Les statuts officiels sont définis et acceptés par l'assemblée et le premier conseil d'administration est élu avec Ricardo Tsakimp comme président. La charte est obtenue du gouvernement le 25 février 2005 par l'accord ministériel no. 301.

Une des premières préoccupations du CUWISH sera de se doter d'un code d'éthique. Ce qui est fait maintenant.

En mai 2007, le CUWISH comptait dans ses rangs 23 Uwishin qui ont gagné le respect et la confiance de la population de même que celles des différentes autorités du domaine de la santé d'Équateur. Le CUWISH continue d'entretenir des relations amicales avec plusieurs organismes et personnes compétentes d'autres pays.

 

Remerciements

Pour mener à bien notre mission, des appuis et de l'aide nous sont parvenus de l'étranger. Nos amis français, suisses, canadiens et autres nous ont soutenus chacun selon ses ressources et ses possibilités et nous les en remercions chaleureusement. De même pour les personnalités et les organismes d'Équateur avec qui nous continuons de collaborer étroitement.

 

   
   


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